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L ' H I S T O I R E
Plus d'un siècle d'isolement |
La Colonisation de
la Polynésie : 2000 av. J.C. à 400 ap. J.C.
Entre 2000 et 500 avant J.C., les
îles qui vont de l'archipel des îles Salomon jusqu'à Tonga et Samoa
étaient habitées. Ils étaient les ancêtres directs des Polynésiens et
de leur culture. Au environ de 500 ans avant J.C., les premiers
Polynésiens mirent leurs grandes pirogues à la mer pour commencer une
grande aventure de colonisation. Depuis Tanga, Somoa et les îles
adjacentes, ils naviguèrent vers l'Est pour atteindre et peupler les
îles Cook, Tahiti, les Marquises, les Tuamotus et les Australes. Avec
eux circulait la culture Polynésiennes. Puis 700 ans plus tard, de
grandes pirogues recommencèrent à naviguer dans les diverses directions et
ainsi compléter le triangle Polynésien en colonisant ses trois
extrêmes. Hawaï entre 200 et 400 après J.C., Rapa Nui vers 400
ans après J.C. et la Nouvelle Zélande beaucoup plus tard entre 800 et
1000 ans après J.C.
Peuplement de l'île : 400 à 800 ap. J.C.
Selon la tradition, le roi Hotu Matu'A serait arrivé sur
l'île avec deux embarcations, l'une dirigée par lui
même et l'autre par Avareipua, son épouse. Ces deux pirogues
doubles auraient débarqué sur la seule plage, Ana Kena dans le
Nord de l'île. Chacun des 6 fils de Hotu Matu'A fût à
l'origine des principales tribus du groupe hiérarchiquement supérieures,
les Ko Tu'u Aro (plus connue sous le nom des longues oreilles).
Puis, certainement issue d'une deuxièmement vague de colonisation les
Hotu Iti (les courtes oreilles) sont réduis à
l'esclavage et à la construction des Moaï. Les nouveaux arrivants
ne trouvent aucune trace de rivière. Heureusement, deux lacs situés au
fond des cratères des volcans Rano Kau et Terevaka
serviront de réservoirs d'eau potable. Peu à peu la vie s'organise
autour des points d'eau. Des maisons en forme de bateau sont
construites. Les plus grandes peuvent atteindrent 90 mètres de long et
contenir jusqu'à 200 personnes. Les toits sont recouverts de nattes ou
de feuilles de canne à sucre. La porte basse et étroite est fermée par
un filet pour empêcher le passage des poules. Une organisation sociale
s'organise :
Ariki Mau : Roi spirituel de toute l'île
Ariki Paka : Aristocrates
Tangata Honui : Vieillards importants qui assistaient l'Ariki
Mau
Ivi Atua : Grands prêtres
Matato's : Grands guerriers
Paoa : Simples guerriers
Maori : Experts dans divers arts et disciplines
Kio : Classe sociale la plus basse (serviteurs, réfugiés,
esclaves)
La culture Rapa Nui : 800 ap. J.C. à 1680
La croyance des Tiki issue de leurs ancêtres des îles Marquisiens se
développe, une croyance originale basée sur le culte des ancêtres et du
Mana (c'est le pouvoir surnaturel qui animait le fonctionnement
des activités quotidiennes des Ariki). Pour cela ils
construisirent des statues de pierre à l'effigie des anciens, les
fameux Moaï. Chaque tribu érigeait une ou plusieurs plateformes
cérémonielles, les Ahu avec une rangée de Moaï sur
celle-ci, faisant face au village et le protégeant de leur regard. Au
fil du temps ils sont devenus de plus en plus grands, une compétition
s'était instaurée entre les tribus pour savoir ceux qui érigeraient
les Ahu les plus monumentales, les Moaï n'étaient plus
le signe du respect des anciens mais un symbole de la puissance de la
tribu. C'est l'âge d'or de Rapa Nui.
Le déclin de cette société : 1680 à 1864
Cette nécessité d'accroître les démonstrations de pouvoir et de
prestige à conduit finalement, à ce que les clans se disputent les
ressources telles que les aliments et le bois. Les arbres suffisamment
gros pour pouvoir construire une pirogue de haute mer ont disparu,
mettant un terme à la pêche. et à tout tentative de quitter l'île.
Cela plongea l'île dans le chaos et provoqua une guerre tribale.
C'est à ce moment là que la construction des Moaï s'arrêta, le
peuple composé d'esclaves chargés d'extraire les Moaï de la
roche et de les traîner jusqu'aux Ahu se révolta. Cela décima
une grande partie de la population. L'ensemble des Moaï sont
renversés et le cannibalisme fait sont apparition. A ce moment
là, le culte de l'Homme-Oiseau et du dieu Make Make,
déjà existant, prend plus d'importance. Ce qui permet à d'autres
tribus de prendre le pouvoir de Rapa Nui.
Rapa Nui devient l'île de Pâques
Le 5 avril 1722, un dimanche de Pâques, le navigateur hollandais
Jacob Roggeveen découvrit Rapa Nui, il l'appela l'île de
Pâques. Il écrit que l'île laissait une impression de pauvreté extrême
et d'une grande stérilité. Ils ne restèrent qu'une journée, suffisante
tout de même pour tuer 13 insulaires à la suite d'un malentendu.
D'autres visiteurs européens ont suivi, les Espagnols en 1770, le
capitaine Cook en 1774, le comte de La Pérouse en 1786. Au XIXème
siècle, le rythme des visites s'accéléra. Certaines furent terribles,
comme les raids esclavagistes qui emmenèrent la quasi-totalité de la
population dans des exploitations de guano au Pérou. Avec ces raids et
les maladies importées par les missionnaires, il ne restait plus qu'une
centaine d'habitants en 1877. Tous les Moaï ont été abattus,
les tablettes d'écriture brûlées par les missionnaires, les grands
prêtres porteurs de la tradition et capables de lire l'écriture
Rongo Rongo sont morts. Au XXème siècle, Katherine
Routledge entreprit des recherches à grande échelle ainsi que de
nombreuses fouilles, elle prit également des photos et rassembla
toutes les informations possibles auprès des aînés, discutant avec eux
de leurs souvenirs et de leurs coutumes. Le Père Sebastian Englert,
prêtre insulaire, rédigea la première étude complète des
plates-formes qui soutiennent les statues et fut l'auteur de plusieurs
contributions majeures qui ont enrichi notre connaissance. La mission
franco-belge de 1934-1935, déboucha sur une description détaillée des
monuments. Un pas importants fut accompli avec la célèbre expédition
norvégienne de Thor Heyerdhal, en 1955, qui amena les archéologues
professionnels à s'intéresser à l'île. Le Chili annexe l'île en 1888,
l'île est louée en 1897 à une compagnie britannique pour l'élevage des
moutons, le reste de la population est parqué dans le village de
Hanga Roa qui est entouré de barbelés. L'île sert aussi de
lieu de déportation pour les Chiliens. Ce n'est que durant les années
60 que les choses s'améliorent, en 1966 que les Pascuans deviennent
citoyens Chiliens ! En 1967 la construction d'un aéroport
international contribue grandement au désenclavement de l'île et à son
développement rapide.
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